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PRÉSENTATION PAR LE DOCTEUR JEAN CHALIÉ
Lorsque la Société d'Etudes des Sept Vallées, connaissant mon attachement viscéral à Arrens, me demanda d'évoquer la mémoire de Miquéù de Camelat, je pris conscience de mon insuffisance. Certes, des visites rendues à Miquéù dans son épicerie, j'ai retiré des impressions et des images encore vives. Sa distinction naturelle inspirait la déférence. La parole rare, presque effacé, glissant plutôt que marchant, introverti pour le jeune médecin que j'étais, il se fondait, immuable, dans son Arrens des Montagnes. A l'image de Beline, à l'image de la forêt des montagnes d'Arrens, lorsque dans la splendeur flamboyante d'un automne finissant elle rend son âme profonde, il a rendu la sienne avec dévotion. Ce qui est subjectif repose sur l'affectivité avec ce qu'elle comporte d'illusoire, de remaniement.
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| Aussi ai-je demandé à l'Ami, à Robert Arnaut qui a eu un long commerce intellectuel avec Miquéù de Camelat, à l'auteur des Corneilles blanches, roman inspiré par ce même Miquéù, de rappeler, ici, cette noble figure des lettres et de lui rendre hommage. Retenu par ses obligations, je vous livre ce que Robert Arnaut a écrit pour ce 15 septembre 1996, Journée du Patrimoine. |
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TEXTE DE ROBERT ARNAUT LU PAR LE DOCTEUR JEAN CHALIE
LE 15 SEPTEMBRE À ARRENS LORS DE LA JOURNÉE DU PATRIMOINE 1996:
"Si Miquéù de Camelat était encore de ce monde, je suis persuadé qu'il naurait pas assisté à cette cérémonie. Il aurait été gêné par l'honneur que vous lui faites. Sa modestie le cantonnait dans son petit bureau, dans lencoignure de sa cheminée. On avait l'impression que les compliments lincommodaient. Il se protégeait des flatteries en levant la main, comme pour parer une gifle. Les heures que j'ai passées, en tête à tête, m'ont marqué à tout jamais. Il me transférait son savoir, en sexcusant presque. Il m'apprenait la valeur des silences. Pour la plupart de ses contemporains, il était l'épicier ou l'ancien maire. Si peu épicier! Si peu maire!... et tellement poète.
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Son uvre est comparable à celle de Mistral. Mistral, d'ailleurs le reconnut, en lui écrivant "votre Beline est la soeur de Mireille
Je m'étonnais toujours de ne pas trouver le nom de Camelat dans les encyclopédies, dans les anthologies générales. Je ne comprenais pas pourquoi les érudits allemands, hollandais, roumains défilaient chez lui alors que les français semblaient ignorer son oeuvre.
Lorsquil fut enfin reconnu par les milieux officiels et quAndré Malraux le fit inscrire au tableau de la Légion dHonneur, le journaliste, auteur du compte-rendu, concluait : Avec le temps les figues mûrissent
Miquéù, en effet, avait 88 ans et son uvre maîtresse avait été achevée, pour la Saint Michel, en septembre 1898.
Ne commettons pas la même erreur. Camelat n'est pas seule-ment un buste dans un square. Il faut que les enfants d'Arrens, du Val d'Azun, de la Bigorre sachent que cet homme est limage de leur culture, qu 'il a honoré sa patrie montagnarde.
Pour moi, il est celui qui fut et qui reste le Pay, le pay-chèt, lancêtre vénéré.
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